18

Rapports

 

Etha Varone

Etha Varone est née en 1979. En août 2017, elle a commencé un apprentissage de gestionnaire en intendance.

1/4

 

Rapports

Quoi? Un apprentissage à 37 ans?

Novembre

2017

Qu’est-ce qui incite quelqu’un à ne pas commencer un apprentissage ? Pour moi, c’était un mélange : énormes doutes par rapport à moi, incertitude sur où était ma place, irrésolution, difficulté à m’engager et perplexité face à la vie.

 

Pourtant il fallait bien faire quelque chose. Après la dixième année scolaire et un séjour au pair de six mois à Denver, j’ai commencé à travailler dans divers emplois, je prenais ce que je trouvais, il fallait bien vivre. Je pensais souvent à l’apprentissage, j’ai fait sans conviction quelques tentatives pour y accéder. Mais, hélas, sans succès.

 

Au printemps 2016, j’ai décidé de laisser tomber l’idée de l’apprentissage pour me concentrer sur mon job dans une entreprises de cosmétiques. Mais quand on lâche prise, le destin trouve un espace pour se signaler. Car peu après, une petite annonce dans le « 20 Minutes » a éveillé ma curiosité : « 2e chance pour une 1re formation ». Je me suis mise en piste, j’ai posé ma candidature, ai réussi à passer la première étape, puis la deuxième – après l’entretien à l’OP – et après ma présentation à la Fondation Stanley Thomas Johnson, on m’a dit : « Félicitations, vous êtes acceptée ! » Yes, réussi, incroyable.

 

Quel métier ai-je choisi ? Gestionnaire en intendance, parce que j’ai déjà une expérience dans le secteur de l’hôtellerie et du nettoyage, ce qui me paraît utile pour réussir la formation, et surtout parce que ma cousine, qui a terminé cette formation, m’a fait extrêmement envie. Gestionnaire en intendance est un métier vraiment très diversifié, entretien, cuisine, accueil et service aux hôtes, il y a un peu de tout. 

 

Je savais que je voulais faire mon apprentissage dans une entreprise qui se rapproche de ma philosophie de vie. Après avoir étudié la liste des places d’apprentissage disponibles, je savais ce que je voulais : travailler au Rüttihubelbad. Cette institution est gérée selon des conceptions globales et anthroposophes. J’ai posé ma candidature, j’ai pu me présenter, j’ai eu le droit de faire un stage, et hop !..., ça a marché. Depuis mars 2017, j’y travaille comme stagiaire – heureuse. La formation a commencé en août 2017.

 

Je me réjouis énormément, je suis excitée, de nouveau à l’école, est-ce que je peux le faire? Etre apprentie à mon âge, c’est un défi dans le sens que je dois me remettre à ma place, prendre du temps, ne pas avoir le sentiment de devoir déjà tout savoir.

 

Mais je me réjouis de mon voyage dans l’économie domestique.

Et à bientôt, chers amis…

Efin L`école

Novembre 

2017

Lundi matin, 15 août 2017, je suis complètement éveillée, AVANT le réveil, me lever, boire un café, me préparer, nerveuse, une demi-heure trop tôt à la gare, est-ce que j’ai tout ? Sac à dos, serviette, oui, tout est là. En griller une, non deux… Le train arrive, archi-plein, debout dans le train, le sentiment d’être à côté de la réalité. 

 

Arrivée à Berne, tout de suite direction l’école professionnelle BFF, où est la Kapellenstrasse 4 ? Ah, c’est là. Il y a déjà beaucoup de monde qui attend devant la porte. Qui est dans ma classe ? En griller une… Et c’est parti, chercher la salle de classe, accueil très sympathique de l’enseignante. Wouah – je suis à l’école, après 21 ans, c’est cool. Regard timide vers les autres élèves qui sont déjà là, chercher ma place, sortir mes affaires, le trac et… arriver.

 

Premier cours : connaissances professionnelles. Le début est super, l’enseignante propose que nous nous présentions de manière ludique, presque comme dans un speed dating. Je ne suis même pas la plus âgée de la classe. Nous sommes 21 femmes et 3 hommes, ce qui m’étonne. On nous explique les choses les plus importantes et j’ai le sentiment que tout va bien aller. On continue avec la santé, le début est aussi plaisant, l’enseignante décontractée. Je me réjouis d’étudier cette matière parce que cela m’intéresse, me touche et que ce n’est pas complètement nouveau.

 

Déjà la pause de midi ? Où est-ce que je vais trouver quelque chose de bon à manger ? Où y a-t-il un joli petit endroit où je pourrais m’asseoir ? Et qui est-ce qui me semble sympathique dans le groupe ?

 

Après midi : du sport. Le SPORT ! C’était mon cauchemar à l’école. Je n’étais jamais choisie dans les équipes parce que je ne suis pas une joueuse d’équipe ambitieuse. Au contraire, j’étais lente et avais peur du ballon… D’abord regroupement devant le mauvais vestiaire, puis se changer, se présenter, excellent prof. de sport… nous faisons deux jeux… et ça c’était le pied ! Très satisfaisant quand on peut remplacer de mauvaises expériences par des bonnes.

 

Après le sport c’est le cours de culture générale. J’ai peur de ne pas pouvoir suivre parce que je suis encore un dinosaure pour ce qui est des ordinateurs et des tablettes. Mais je vais apprendre. Il faut ce qu’il faut. Cependant ce cours est aussi passionnant, beaucoup de thèmes m’intéressent, la société et l’art. Ce qui m’intéresse moins, c’est le droit et la politique, mais j’ai l’intention de profiter des connaissances qui me sont transmises, même si ça ne m’intéresse pas trop. On ne sait jamais ce qui peut arriver.

 

A la fin du premier jour d’école, nous nous dispersons dans toutes les directions. Je suis fatiguée, mais contente et je me réjouis de l’avenir proche. Il y aura sûrement des moments difficiles, mais je suis heureuse que ça démarre enfin. Maintenant j’ai un fil rouge dans ma vie que je peux suivre. Cela me tranquillise et me donne de la force.

Alors, chers amis, à la prochaine fois, j’espère. Réjouissez-vous de ce que je vais vous raconter.

Arrivée...en deuxième année d`apprentissage

Novembre

2018

Alors me voilà, sortie de mes profondeurs, une fois encore… mais j’en parlerai plus tard. Je veux d’abord vous présenter l’une de mes citations préférées. Elle m’accompagne depuis longtemps déjà, mais parfois je l’oublie :

 

Donne-moi le courage de changer ce qui peut être changé,

Donne-moi la force d’accepter ce qui ne peut pas être changé, 

Et donne-moi la sagesse de pouvoir distinguer l’un de l’autre. 

 

Et maintenant, je vais vous raconter le début de ma deuxième année d’apprentissage :

 

En juillet, j’ai eu trois semaines de vacances – magnifique, du temps pour moi, rien à faire pour l’école, fabuleux, organiser mes journées à mon goût… pourtant, j’étais assez épuisée, même pendant les vacances.

 

Après les vacances, j’ai commencé à travailler dans le domaine du nettoyage, où je suis encore actuellement. Beaucoup de nouveautés : l’équipe, d’autres procédures de travail, d’autres appareils. Je suis très bien formée, je travaille au début avec une personne expérimentée, mais peux déjà faire des rotations de manière indépendante. 

 

Dans le nettoyage, nous travaillons, en gros, dans deux secteurs. Le secteur public comprend les entrées, l’hôtel, le restaurant et le sensorium. Il inclut aussi le nettoyage, une à deux fois par semaine, dans l’un des deux groupes de résidence pour les personnes handicapées.

Le deuxième secteur comprend le nettoyage dans la maison de retraite. Nous avons quatre étages. Il y a une collaboratrice responsable par étage, les autres collaborateurs remplacent si, par exemple, quelqu’un est en vacances. Les travaux spéciaux, comme le nettoyage des vitres deux fois par an, sont répartis entre nous. Et bien sûr, nous nous entraidons partout. 

 

Ce que je préfère, c’est me déplacer de façon indépendante dans la maison de retraite. J’aime le contact avec les résidents, découvrir leurs particularités, par exemple la manière dont ils veulent que leur chaise soit placée. Ils savent aussi apprécier le contact avec les soignants. J’ai le sentiment de pouvoir participer à la vie de l’étage sans perdre mes distances.

 

Dans mon travail, j’apprécie beaucoup d’avoir voix au chapitre – ce qui correspond à mes objectifs d’apprentissage et aussi à d’autres obligations. La semaine dernière, par exemple, j’ai laissé entendre que je voudrais et devrais absolument apprendre à utiliser les machines de nettoyage – et hop – tout a été arrangé ! J’ai été formée à manœuvrer la petite récureuse (on en a besoin par exemple pour nettoyer le sol d’une salle d’eau dans la chambre d’un résident). Je pourrai déjà le faire moi-même à la prochaine occasion, et ce n’est qu’un début.

Oui, le nettoyage me plaît, je suis toujours bien occupée, j’apprends beaucoup de nouvelles choses, que je peux aussi appliquer.

 

Ces quatre prochains vendredis, je pourrai encore faire un stage à l’atelier floral qui dépend de la maison, car créer des compositions florales, prendre soin des plantes et en décorer les locaux fait partie de mon métier, très varié. Je me réjouis.

 

École :

 

L‘école a recommencé le 13 août, tranquille au début, mais nous avons de nouveau des devoirs et de nouvelles matières, ce qui fait que je ne m’ennuie pas. Désormais nous commençons par le sport le matin, c’est super. Puis c’est la culture générale ; nous travaillons actuellement sur le thème politique et démocratie. Contrairement à ce que je prévoyais, je trouve ces sujets totalement passionnants, ça me donne envie de m’intéresser aux votations, de faire usage de mon droit de vote et d’entamer parfois une discussion avec les gens qui se trouvent près de moi. 

 

Une leçon est consacrée à la santé, ma branche préférée. Thème actuel : prévention, maladies sexuellement transmissibles. Nous traitons aussi de thèmes tels que démence, parkinson et maladies psychiques.

 

Dans le domaine des connaissances professionnelles, nous travaillons pour le moment surtout sur le thème de l’alimentation, par exemple les fruits et légumes de saison, ainsi que les modes de cuisson. 

 

Oui, les journées sont bien remplies avec le travail et l’école. Je vais veiller à ne pas négliger ma vie privée, ni mes obligations, comme la déclaration d’impôts, le ménage, etc. 

 

Dans ma vie en général, j’ai mes hauts, pendant lesquels je veux tout faire intensément et bien, avec beaucoup d’énergie. Et alors je remarque que ça ne va pas et replonge dans mes bas, dans lesquels je ne fais que fonctionner… Beaucoup de choses restent alors en plan. Je les reprends chaque fois lorsque je suis de nouveau dans les hauts. Mais vous le savez déjà par mes récits, et certainement aussi par ce que vous éprouvez vous-même…

 

De toute façon, je suis toujours satisfaite d’avoir pris la décision de recommencer un apprentissage, cela renforce ma confiance en moi et mon avenir est assuré pour les deux prochaines années. Par ailleurs, j’ai un magnifique logement, deux chats affectueux, de bons amis, un super travail – c’est l’essentiel dont j’ai besoin pour vivre actuellement… 

 

 

Croyez en vous, ne renoncez pas ! (sauf si vous remarquez que cela vous fait du mal).

 

Et à la prochaine fois, le temps, le temps, il passe si vite… Ciao !

La troisième année d’apprentissage….

Octobre

2019

Wow, comme le temps passe vite......

 

Cela fera bientôt un an que j'ai rédigé mon dernier rapport. Je ne savais même pas que ça faisait si longtemps. Beaucoup de vie a de la place dans une année.

 

Ce que je ressens :

 

La motivation et le sentiment d’« en avoir marre » s'alternent de manière contraignante et fiable. À ce moment, l’« en avoir marre » domine, par rapport à l'école et le travail. J'adorerais faire des annonces et partir en voyage, sans soucis et sans obligation. Mais je me rends compte que ce n'est pas une option, et je ne pense même pas à mettre en pratique ces fantasmes d'évasion. Et enfin, je veux fêter mon diplôme. J'espère que la motivation reviendra automatiquement. Après tout, dans la dernière année il s'agit de consolider ce que j'ai appris, de montrer ce que je peux faire.

 

Travail :

 

J'aime toujours mon travail, je m’occupe surtout du nettoyage, que j'aime autant que la lingerie. Ce qui est vraiment bien, c'est que je peux former la nouvelle apprentie. Heureusement je la connais déjà, c'est une très bonne apprentie. C'est amusant de voir les tâches à travers ses yeux, de ressentir sa curiosité et de vivre sa motivation que j'ai presque perdue. Ceci est une bénédiction pour moi, car c’est comme ça que je remarque où je suis forte et où j'ai encore besoin de soutien. C'est un bon exercice de donner des instructions. Ceci sera également requis lors de l'examen. Je prends cette tâche au sérieux et je ferai de mon mieux pour qu'elle prenne un bon départ dans sa nouvelle phase de vie.

 

École :

 

Le calendrier n'a pas beaucoup changé. Deux des tâches qui nous attendent exigeront beaucoup d'initiative et de compétence de notre part. D'une part, nous complèterons une semaine de cours interentreprises (CI), où, à la fin, nous cuisinerons et servirons le dîner à de nombreuses personnes. Cela me rend anxieuse, mais j'ai décidé de voire la chose de manière suivante : « Je suis heureuse de pouvoir montrer ce que je sais faire » au lieu de me dire que j’ai peur ou de m’imaginer le pire des scénarios possibles. D'autre part, nous rédigerons un travail écrit en classe de culture générale. La note obtenue aura une grande influence sur la note finale. Cela signifie que nous rédigerons un article sur un sous-thème à choix personnel (le thème principal est donné), y compris l'introduction, la partie principale, les remarques finales et la réalisation d’un interview. Si nous suivons les lignes directrices, nous devrions réussir. En tout cas, je sais déjà avec qui je veux aborder ce travail. Et pour le reste, j'ai l'intention d’étudier intensément (sans négliger ma vie privée) et de bien profiter de cette deuxième chance qui m’est offerte.

 

C'est tout pour l'instant. La prochaine fois je tâcherai de présenter un rapport plus actuel.

 

A+…. Ciao, à la prochaine !

 
 

ACCUEIL           MÉDIAS            PARTENAIRES            CONTACT            DEUTSCH

facebook.png
linketing.png

> Haut de page

© Fondation Stanley Thomas Johnson        MENTIONS LÉGALES